lithoral

J’ai passé une grande partie de mon enfance à jouer dans les Blockhaus. On y entrait avec un excitant mélange de trouille et de fascination. On espérait trouver des trucs. On s’y abritait lors des orages d'été quand tout le monde évacuait la plage en courant vers leurs voitures . On s’y cachait lors de parties de jeux. On s’embrassait sur la bouche pour la première fois. Ce fût ensuite un refuge pour boire des bières, boire de la vodka et s’embrasser plus fougueusement. Vinrent ensuite les tags sur le béton, les bouteilles cassées et les odeurs de pisse. Dont acte. Ils furent ensevelis. Longtemps considérés au mieux comme une pollution visuelle, au pire comme un danger de sécurité pour baigneurs et promeneurs, à présent on regarde leur valeur historique, patrimoniale, environnementale (refuge pour certaines espèces ou marqueurs d’érosion). Ceux qui m ‘intéressent sont généralement abandonnés, affranchis de tout. Leur forme a lentement glissé vers la ruine. Ils se confondent inexorablement avec les tumulus , les dolmen , les pierres. Lithoral est une série de photographies en cours, autour de cette mue.